Calvados Morin

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Au XIXe l’érudit Edouard Lemaire crée « L’ABBAYE DE THELEME », une distillerie où ont été créés toutes sortes de breuvages.

Pourtant aucun ecclésiastique n’entre dans l’affaire. C’est une allusion à l’œuvre philosophique de Rabelais dans laquelle cet écrivain du XVIe siècle évoque l’école idéale où Gargantua reçoit son éducation selon la règle : « FAIS CE QUE VOUDRAS ».

Le Thélème est une liqueur fabriquée à base de plantes.

Dans cette distillerie, en plus du Curaçao et du Quinquina doré, on pouvait également déguster l’Huile de Vénus, le Bouquet de la mariée et surtout la Crème de cocu !

Pour présenter ces liqueurs, la Direction fit fabriquer des bouteilles en formes d’amphores décorées et en verre parcheminé : des objets très recherchés par les collectionneurs. La Maison royale d’Espagne avait breveté ce fournisseur.

Dans les années 1870 /1890, M Lemaire collectionne les médailles au travers des expositions européennes. Dans les galeries et salles, de nombreux médaillons rappellent la qualité des produits reconnue en Europe.

 

L’histoire du Calvados Morin commence en 1889, à la Haye de Calleville, dans la vallée de la Risle, avant que Pierre MORIN ne succède à son père et transfère la petite affaire familiale de négoce à Brionne. Quelques années plus tard les bombardements de la seconde guerre mondiale détruisent ses installations. Il décide alors de déménager définitivement à Ivry la Bataille, le 2 février 1945. Il s’y installe avec son matériel, son personnel et ses recettes. Là, ce chef d’entreprise passionné, trouve l’endroit idéal pour traiter l’eau de vie tirée de la distillation du cidre et titrant quelque 70°.

Le vieillissement des calvados amenés de toute la région normande prendra le nom « LE BEC FIN ». Ensuite, afin de laisser une trace de son nom, l’appellation deviendra « CALVADOS MORIN ».

 

Les calvados sont reconnus pour la qualité de leurs assemblages et le suivi de ces qualités. Le goût Morin est en réalité le fruit d’un judicieux mariage entre différents terroirs et appellations. Les jeunes eaux-de-vie choisies pour vieillir vont être élevées dans un premier temps dans une futaille de 300 à 400 litres, dans des chais subissant les variations climatiques, ce qui accentue l’oxydation et donc le vieillissement ; il en résulte une évaporation importante (part des anges), étape indispensable au bon vieillissement d’une eau-de-vie.

Le Calvados, logé dans ce bois noble et fort qu’est le chêne du Limousin, va développer peu à peu, en une mystérieuse alchimie, des arômes subtils et sa belle couleur ambrée. A travers le bois, le calvados va respirer pendant des années, perdant lentement de son feu et digérant peu à peu les tanins du bois, gagnant petit à petit bouquet et arômes.

L’environnement unique de ces caves intervient pour une large part dans l’épanouissement des Calvados Morin. Creusées dans les collines crayeuses de la vallée d’Eure, les longues galeries s’enfoncent profondément dans la falaise. L’atmosphère très humide des lieux est idéale pour le vieillissement des Calvados élevés dans le silence et à l’abri des vibrations citadines. Cet « affinage » est une deuxième étape très importante dans le processus de vieillissement. L’hygrométrie ambiante frisant les 100% permet une baisse naturelle du degré, ce qui donne au final des eaux-de-vie plus souples et plus harmonieuses.

En 1994, M Jacques Viry, qui travaillait là, depuis 1945, reprend les rênes.

M Roger Lercier, maître de chais réputé, qui était arrivé de Brionne avec son patron prendra sa retraite en 1985 et sera remplacé par Raphaël Lenormand, remplacé à son tour par Jacques-André Pascault.

 

L’effondrement de certaines parties des galeries après la tempête de 1999 font partie désormais de l’histoire du lieu. La reprise du parcours de vieillissement a repris et permet de trouver des flacons au millésime prestigieux.

Aujourd’hui les caves se visitent et un magasin accueille la clientèle avec de nouveaux produits élaborés sur place.

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